Les réacteurs nucléaires en France et la transition énergétique

Liste des réacteurs nucléaires nucléaires EDF en France

CENTRALE (2)PALIER EDFPuissance nette (1)Début ConstructionMSI
Belleville 1P’4131019801988
Belleville 2P’4131019801989
Blayais 1CP191019771981
Blayais 2CP191019771983
Blayais 3CP191019781983
Blayais 4CP191019781983
Bugey 2CPO91019721979
Bugey 3CPO91019731979
Bugey 4CPO88019741979
Bugey 5CPO88019741980
Cattenom 1P’4130019791987
Cattenom 2P’4130019801988
Cattenom 3P’4130019821991
Cattenom 4P’4130019831992
Chinon B1CP190519771984
Chinon B2CP190519771984
Chinon B3CP190519801986
Chinon B4CP190519811988
Chooz B1N4150019842000
Chooz B2N4150019852000
Civaux 1N4149519882002
Civaux 2N4149519912002
Cruas 1CP291519781984
Cruas 2CP291519781985
Cruas 3CP291519791984
Cruas 4CP291519791985
Dampierre 1CP189019751980
Dampierre 2CP189019751981
Dampierre 3CP189019751981
Dampierre 4CP189019751981
Flamanville1P4133019791986
Flamanville2P4133019801987
Golfech 1P’4131019821991
Golfech 2P’4131019841994
Gravelines 1CP191019751980
Gravelines 2CP191019751980
Gravelines 3CP191019751980
Gravelines 4CP191019761981
Gravelines 5CP191019791984
Gravelines 6CP191019791985
Nogent 1P’4131019811988
Nogent 2P’4131019821989
Paluel 1P4130019771985
Paluel 2P4130019781985
Paluel 3P4130019791986
Paluel 4P4130019801986
Penly 1P’4133019821990
Penly 2P’4133019841992
St Alban 1P4133519791986
St Alban 2P4133519791987
St LaurentB1CP291519761983
St LaurentB2CP291519761983
Tricastin 1CP191519741980
Tricastin 2CP191519741980
Tricastin 3CP191519751981
Tricastin 4CP191519751981

(1)Puissance nette délivrée sur le réseau en Mégawatts / MSI mise en service industrielle

(2) Par ordre alphabétique

Synthèse

Palier CP1/CP2 : 2785 MWth / 906,6 MWe : 32 tranches

Palier P4 et P’4 : 3817 MWth / 1312,5 MWe : 20 tranches

Palier N4 : 4271 MWth / 1497,5 MWe : 4 tranches

Puissance moyenne : 3259,6 MWth/ 1093.8 Mwe : 56 tranches

 Anciennement 58 tranches (Fessenheim 1 et 2 déconnectées du réseau en 2020) (2×906 MW)

Les réacteurs nucléaires Navals/REP

Réacteurs à eau pressurisée-Puissances thermiques-dates de mise en service et d’arrêt définitif.

Le Redoutable –110 MW – 1967/1991

Le Terrible – 110 MW – 1969/1996

Le Foudroyant –110 MW – 1974/1998 

L’Indomptable – 110 MW – 1974/2005

Le Tonnant – 110 MW – 1980/1999

L’Inflexible – 110 MW—1982/2008

Rubis – 48 MW – 1983/2022

Saphir – 48 MW – 1981/2019

Casablanca – 48 MW –1984/2023

Emeraude – 48 MW – 1986

Améthyste – 48 MW – 1988

Perle – 48 MW – 1990

Le Triomphant – 150 MW – 1997

Le Téméraire – 150 MW – 1998

Le Vigilant – 150 MW – 2003

Le Terrible – 150 MW – 2008

Charles de GAULLE – 2×150 MW –1994

Suffren – 150 MW – 2018

Dugay-Trouin – 150 MW — 2022

Réacteurs EDF arrêtés définitivement

Quinze des réacteurs électrogènes construits en France depuis 1955 sont arrêtés définitivement, 11 réacteurs exploités par EDF sont en cours de déconstruction ou de démantèlement sur sept sites : Chooz, Brennilis (eau lourde), Bugey, Chinon, St Laurent, Creys-Malville (Superphénix), Fessenheim. 

Trois réacteurs du CEA sont en cours de démantèlement à Marcoule. 

Le début du démantèlement des réacteurs Phénix (Marcoule) et de Fessenheim nécessite au préalable le déchargement des cœurs des réacteurs et le traitement du sodium pour Phénix.

« Transition » énergétique

La transition énergétique telle qu’imaginée par les tenants du tout électrique a du plomb dans l’aile car à la COP28, 22 pays ont annoncé leur intention de tripler leur production d’électricité nucléaire d’ici 2050 pour diminuer leur empreinte carbone. Par ailleurs, les énergies dites renouvelables, éoliennes, panneaux solaires, s’avèrent peu écologiques en amont du fait des énormes quantités de métaux rares nécessaires à leur construction et des conditions inhumaines d’extraction de ces métaux dans les pays à main d’œuvre peu rémunérée. De plus ces énergies intermittentes ont le grave inconvénient de nécessiter des sources annexes (pour compenser les périodes d’arrêt faute de vent et de soleil), qui sont des centrales thermiques au charbon ou lignite ou à gaz qui produisent beaucoup de gaz à effet de serre.

La France est le pays le moins polluant du monde (40 à 50g de CO2 par KWh produit contre 500 à 600g pour l’Allemagne) et ne représente que le 100èmedes émissions mondiales de CO2 grâce à la production décarbonée du nucléaire. Les énergies fossiles émettent 34 milliards de tonnes de CO2 par an. Plus de la moitié sont absorbées par les océans et la végétation. L’atmosphère contient 3200 milliards de tonnes de CO2. 16 milliards viennent augmenter cette masse chaque année. Sur ces 16 milliards, 5 milliards sont imputables aux pays développés (1/600e) dont 1,6 milliard à l’Europe (1/2000e) et 160 millions à la France soit 1/20 000èmede la masse totale. On constate donc que nos efforts en Europe restent marginaux et sans influence sur l’évolution du stock de CO2 atmosphérique. La suppression totale des émissions européennes (inimaginable) diminuerait donc de 2,5% la masse du CO2 atmosphérique dans 50 ans. Si l’on se réfère aux modèles du GIEC sans les discuter, la température mondiale en serait affectée de 0,03°C à supposer que d’autres nations n’aient pas utilisé les énergies fossiles que les pays européens auraient économisées (en sabordant leur économie).

Les éoliennes ne servent donc à rien en France d’autant plus que lorsqu’elles fonctionnent, il faut baisser le nucléaire et l’EDF est obligée d’acheter l’électricité des éoliennes 4 fois son prix de production normal et de la revendre à perte aux divers opérateurs ou de l’exporter en cas de production excédentaire à un prix sacrifié. D’ailleurs en 2018,2019,2020 où la France a mis en route plusieurs milliers d’éoliennes, le bilan carbone du pays s’est dégradé à cause de la remise en route de centrales thermiques au charbon et au gaz pendant la période d’arrêt (organisée) de nombreuses centrales nucléaires.

Les éoliennes outre leur impact négatif sur la planète, sur les paysages, sur la faune et sur la santé des hommes et des animaux, sont aussi un scandale financier mondial entaché de corruption et particulièrement développé par la Mafia (Sicile…). Pratiquement dans tous les pays du monde (USA, Allemagne, Pologne, Russie..) on assiste à un ralentissement de nouvelles installations d’éoliennes, plus spectaculairement en Allemagne où on démantèle même des éoliennes construites sur des mines de lignite…..Comme les éoliennes profitent avant tout aux industriels allemands, les lobbyistes du vent concentrent leurs efforts sur la France, prétextant d’une urgence climatique hors sujet.

En France, le rapport de la commission d’enquête parlementaire ouverte sur les énergies renouvelables, et le rapport de la commission des finances sur les éoliennes, ont permis de mettre en évidence les enjeux et les détournements financiers considérables liés à cette source d’électricité, qui se révèle d’une piètre efficacité voire contre- productive dans la lutte contre les émissions de gaz à effets de serre (plus de 250 milliards d’euros engagés pour construire et raccorder les éoliennes au réseau électrique). De plus les éoliennes sont dépassées et constituent déjà une technologie obsolète. Seuls les dirigeants français persistent dans une voie catastrophique pour tous les secteurs de notre économie. Certains états européens commencent à se tourner vers le nucléaire et les USA ont commencé à vendre des centrales nucléaires en Europe (Pologne) alors que la France n’a plus les moyens d’exporter ces centrales, ce qu’elle aurait dû être la première à faire si EDF, Framatome et l’industrie nucléaire n’avait pas été sabordées par des gouvernements irresponsables depuis 2010.

Le 27 octobre 2021, le magazine Newsweek titrait un article « The wind turbines failures behind Europe’s energy crisis are a warning for America ( les pannes d’éoliennes à l’origine de la crise énergétique en Europe sont un avertissement pour l’Amérique) », et deux jours plus tard, Bill Gates soulignait la place de choix qui devait désormais être celle du nucléaire dans la lutte contre les modifications climatiques.

Ainsi face à ce scandale mondial des éoliennes et face au choc gazier provoqué par leur intermittence, il faut stopper cette politique massive d’installation d’éoliennes surtout en France où elles sont totalement inutiles et source d’augmentations importantes du prix de l’électricité ce qui nuit considérablement à la compétitivité de nos entreprises industrielles, agricoles et commerciales.

La France,grâceà son nucléaire et à son hydroélectricité, est championne du monde de la production électrique décarbonée. L’Allemagne, qui a tout misé sur la transition énergétique éolienne, a augmenté de 25% ses émissions de gaz à effet de serre en 2021 en raison de la piètre activité des éoliennes compensée par une croissance de 15% des émissions de centrales à gaz, 36% de celles au lignite et 44% pour celles au charbon. Avec des émissions 10 fois supérieures à celles de la France, il n’est plus possible de suivre le modèle allemand. Dans un rapport du 14 juin 2021, l’Académie des Sciences française a rappelé l’impérieuse nécessité de soutenir et de conforter la filière électronucléaire française dans le cadre de l’enjeu de la décarbonation.

 Ceci implique de redéfinir la politique énergétique du pays en stoppant au plus vite le déploiement des énergies renouvelables intermittentes (éoliennes et panneaux photovoltaïques) avec la fin des subventions et des prix garantis pour les installations existantes. Ceci permettrait des économies de l’ordre de 250 milliards d’euros comprenant l’arrêt des travaux de raccordement au réseau de ces énergies renouvelables par RTE (100 milliards). L’abandon des subventions pour le biogaz et des usines à gaz (fortement émettrices de gaz à effet de serre) compléteraient ce dispositif.

Cette nouvelle donne énergétique mettrait un terme définitif à 20 ans de gâchis et d’imposture des énergies renouvelables en France tout en redéfinissant la priorité énergétique sur le nucléaire en permettant à notre pays de rejoindre la course technologique avec les grands pays qui accélèrent et vont nous devancer.

Les milliards d’euros affectés aux éoliennes et panneaux photovoltaïques devraient être réaffectés à la modernisation et au développement de notre parc nucléaire en assurant le financement des innovations majeures : sûreté, traitement des déchets radioactifs, transmutation par laser, nouveaux réacteurs RNR, fusion, etc…A court terme les PRM (petits réacteurs modulaires) qui peuvent être facilement industrialisés, miniaturisés voir déplacés peuvent être une alternative pour remplacer certains réacteurs encore en activité. Un plan de prolongement des centrales à eau pressurisée actuelles peut-être envisagé. Il faudrait relancer le programme ASTRID. Un plan de formation à grande échelle devrait être relancé pour former des milliers d’ingénieurs, de techniciens et d’ouvriers nucléaires, voire de solliciter des retraités, pour une transmission de leur savoir-faire. 

Le développement du parc nucléaire français relancerait à grande échelle les emplois industriels et constituerait à nouveau un secteur d’innovation très important pour la France.

Le nucléaire qui a été vilipendé depuis des décennies par les écologistes, est la seule source d’énergie totalement décarbonée, fiable et sécurisée. En effet, les « accidents nucléaires » que tout le monde a à l’esprit sont intervenus sur des réacteurs de technologies risquées qui n’auraient jamais été mises en œuvre en occident et suite à des erreurs humaines colossales, voire volontaires (Tchernobyl) ou suite à des causes non nucléaires (Fukushima), mais qui constituent des évènements dont les occurrences sont prises désormais en compte dans les études des réacteurs futurs (y compris les EPR).  La mortalité due au nucléaire en France est d’une personne depuis plus de 60 ans…

Conclusion

Les investissements énormes prévus pour le développement des éoliennes seraient bien plus productifs pour le pays s’ils étaient affectés à la relance du nucléaire, et au financement des recherches d’avenir (réacteurs de 4e génération, transmutation des déchets par laser, production d’hydrogène grâce au nucléaire, etc…) ce qui permettrait de recréer une activité dynamique et de remettre la France en tête de secteurs industriels de pointe créateurs d’emplois non délocalisables ainsi que de relancer la recherche dans des domaines où nous excellions. 

La France, par son modèle électrique nucléaire vertueux d’avant-garde, a un exemple à donner à toute l’Europe et au monde entier. Alors qu’en fait, comme la France ne représente qu’un 100eme des émissions mondiales de CO2, le sacrifice de notre économie à la « religion » des énergies renouvelables est vain et porteur de cruelles dettes inutiles et de désillusions futures dont nos enfants subiront les conséquences désastreuses.

Par Louis DUVERNE

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